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RECHERCHE TRAITEMENTS ANTI-DOULEUR

LES MYGALES

mardi 29 décembre 2009, par Giselle Penat

Les mygales, bientôt source de traitements anti-douleur ?

Le venin contient des milliers de substances chimiques dont certaines bloquent les récepteurs de la douleur. Des chercheurs sophipolitains explorent cette nouvelle voie thérapeutique.

Article paru dans le journal NICE MATIN

Rubrique santé - dimanche 15 novembre 2009 page 25

Nancy Cattan - ncattan@nicematin.fr

A priori ils n’ont rien pour plaire. Et pourtant, araignées, serpents, scorpions et autres animaux "dangereux" possèdent dans leur venin de précieuses substances susceptibles demain de trouver leur place dans notre armoire à pharmacie.

C’est ce que démontrent les études menées par une jeune société sophipolitaine, VENOME-TECH, lauréate 2009 du Concours National d’aide à la Création d’Entreprises de technologies innovantes.

"Notre société développe des médicaments innovants dérivés des protéines qui composent les venins, d’araignées en particulier. Ces protéines, sélectionnées par l’evolution pour leur efficacité, ont comme cibles naturelles les cellules du tissu nerveux, et parfois d’autres tissus."
explique Pierre Escoubas, chercheur et co-créateur de VENOME-TECH. Si dans la nature, ces venins, composés de milliers de molécules chimiques, sont utilisés pour paralyser et tuer les proies, via une action ciblée sur le système nerveux, les scientifiques ont imaginé "détourner" ces activités au profit de la santé humaine.

UNE ACTION DIFFERENTE DES AUTRES ANALGESIQUES

Une hypothèse fondée sur une découverte hasardeuse, comme c’est souvent le cas dans le domaine de la recherche : "Nous nous intéressions depuis plusieurs années à des récepteurs et des canaux ioniques qui interviennent dans la perception de la douleur .. j’avais par ailleurs étudié au Japon, au milieu des années quatre-vingt dix, le venin de la mygale. En testant l’action de certaines substances composant ce venin sur ces récepteurs de la douleur, nous avons mis en évidence des actions inhibitrices. A partir de là, nous avons passé au crible des milliers de substances composant le venin, en fonction de leur capacité à bloquer ces récepteurs de la douleur."

Cette recherche est aujourd’hui bien avancée puisque des essais concluants ont été menés chez l’animal. Des années de recherche et de développement seront néanmoins encore nécessaires pour "modéliser" en s’inspirant des substances issues du venin, des médicaments anti-douleur, dénués d’effets toxiques. Mais l’enjeu est de taille : le mode d’action de ces "venins médicaments" étant différent de celui des autres analgésiques sur le marché, ils pourraient apporter un soulagement à toutes ces personnes dont les douleurs restent réfractaires à tout traitement.

Article signé Nancy Cattan - ncattan@nicematin.fr

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