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RECHERCHE FONDAMENTALE

DU MELANOCYTE AU MELANOME : LES MECANISMES DISSEQUES

article paru dans le journal NICE MATIN du 9 novembre 2008

mardi 24 février 2009, par Giselle Penat

DU MELANOCYTE AU MELANOME : LES MECANISMES DISSEQUES

"Nous essayons de caractériser les mécanismes sous-jacents à la prolifération et à la transformation de ces cellules" explique Olivier BAILET.

LA PERTE DU SUPPRESSEUR DE TUMEUR

Il faut savoir que nos grains de beauté sont en réalité des mélanocytes qui ont formé des tumeurs bénignes par l’activation d’un oncogène (agent cancérigène). Mais la nature est bien faite et dans la grande majorité des cas, ces tumeurs bénignes n’évoluent pas. Qu’est ce qui fait alors, qu’à un moment donné, certaines d’entre elles se transforment ?

"Des travaux de recherche fondamentale nous ont déjà permis de lever le voile sur certains mécanismes impliqués dans ces processus. En plus de l’activation d’un oncogène, on sait ainsi qu’il faut un évènement particulier, en l’occurence la perte de ce que l’on appelle "un suppresseur de tumeur" pour que la transformation en tumeur ait lieu."

Le chercheur niçois s’est intéressé à la perte d’un gène en particulier, le gène SYK (pour spleen tyrosine kinase), qui code pour une protéine, dont l’expression est fortement modifiée lors de la transformation du mélanocyte sain en mélanome.

ARRET DE CROISSANCE

Qui plus est, "la perte de l’expression de SYK a également été corrolée à un mauvais pronostic clinique dans le cancer du sein" souligne Olivier BAILET.

Pour valider ces pistes de recherches, le scientifique et son équipe ont isolé dans des boîtes de culture, des cellules cancéreuses, dans lesquelles il sont reexprimé la fameuse protéine SKY. "Et l’on a ainsi induit l’arrêt de leur prolifération".

Des expériences similaires, conduites par une équipe toulousaine, mais cette fois sur des souris, ont permis d’obtenir des résultats tout aussi encourageants.
Il faut néanmoins tempérer l’enthousiasme que pourrait générer cette découverte : les chercheurs sont en effet bien conscients que cette protéine SKY sur laquelle ils fondent de grands espoirs, est exprimée très largement dans le corps humain, et notamment par les cellules immunitaires.
Il leur faut donc impérativement trouver les moyens de cibler uniquement la tumeur. La tâche n’est pas mince, mais les promesses thérapeutiques restent tangibles.

Article rédigé par Isabelle BRETTE - NICE-MATIN - VAR MATIN - page 23 - 9 novembre 2008 - www.varmatin.com

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SIX A HUIT MILLE CAS DE MELANOME PAR AN

Le mélanome reste de très mauvais pronostic,une fois qu’il est métastatique. On compte entre 6 000 et 8 000 nouveaux cas, par an, responsables de 1 000 à 1 500 décès.

Plus inquiétant, l’incidence du mélanome est multipliée par deux tous les 10 ans. En cause, l’exposition au soleil, aiguë ou chronique. Il existe cependant divers types de mélanome, dont certains, rares, apparaissent sur des zones qui n’ont jamais été exposées au soleil.

AVOIR UN SUIVI REGULIER CHEZ UN DERMATOLOGUE

Le mélanome peut être soigné par l’exérèse (ablation) chirurgicale à un stade précoce, d’où la nécessité d’une surveillance par les dermatologues tous les ans, ou en cas de changement dans la taille, la forme, le contour ou encore la couleur d’un grain de beauté.


Olivier BAILET, étudiant niçois en 4ème année de thèse de biologie, a reçu en octobre 2008 le prix KERNER de vulgarisation scientifique, décerné par l’ARC (association de la recherche contre le cancer) pour ses études menées dans l’unité INSERM U 895 (équipe de Robert BALLOTI) des recherches sur des cancers de la peau, les mélanomes. Il étudie plus précisément la transformation des mélanocytes - les cellules "normales" responsables de la pigmentation en tumeurs.

Les travaux d’Olivier BAILET sont financés par l’ARC ; deux chercheurs de renom niçois participaient à la remise des prix, les Prs Alain BERNARD et François CUZIN.

Créé en 2002, le Prix Kerner est un prix de vulgarisation scientifique.

http://www.arc.asso.fr/Les-Prix-ARC-Jeunes-Chercheurs/article/Les-Prix-ARC-Jeunes-Chercheurs.html

Le jury, composé de journalistes de la presse écrite et audiovisuelle et d’administrateurs de l’association, récompense trois jeunes chercheurs (à tous les niveaux de formation) pour la présentation « grand public » de leur projet de recherche. Les prix sont de 1 000 € pour le 1er prix, 800 € pour le 2ème et 600 € pour le 3ème.

Depuis 2002, 21 chercheurs ont été récompensés.

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