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A vous tous

vendredi 10 février 2006, par Giselle Penat

Aux nouveaux membres inscrits, qui n’osent peut-être pas - certainement même - venir sur cet espace, qui leur est pourtant ouvert - non, il n’est pas facile de parler de ses angoisses, de ses sentiments, de cette turbulence dans laquelle le cancer nous propulse .. du jour au lendemain ..
Il nous faut saisir l’urgence de la vie en apnée dans ce monde du fragile et de l’éphémère, dans lequel nous sommes catapultés du jour au lendemain sans ménagement et comment exprimer tous ces sentiments confus, qui nous animent ?
l’indicible ne peut se partager souvent qu’avec des personnes qui ont vécu la même chose et qui comprennent.

Comment ne pas être révolté et en vouloir à la terre entière alors qu’on assiste à la progression de la maladie chez la personne que l’on chérit le plus ? Mais hélas, il n’y a pas de coupable, pas de cause à incriminer.
www.phac-aspc.gc.ca
En effet, en dépit des progrès énormes de la médecine, des nouveaux médicaments "ciblés", il persiste encore des cas où on est face à un cancer qui résiste aux traitements les plus performants et continue à évoluer : il envoie des cellules dans divers organes, dont le poumon , le cerveau, le foi, les os etc., que l’on appelle des "métastases". Les médecins voudraient stopper la maladie, mais ne peuvent que la ralentir.
Nous accompagnants, nous apportons aux nôtres notre présence, irremplacable, notre amour et c’est infiniment précieux, pour eux mais pour nous aussi.

Nos malades attendent à ce que nous les considérions comme des personnes entières, en pleine possession de leurs capacités mentales et physiques. Leur « gratte-ciel » personnel s’est écroulé soudainement, mais leur cerveau, leur coeur et leur âme ne sont pas détruits ! Ils ne sont pas alités en permanence, ni figés dans la terreur et l’anxiété. Ils ne méritent pas notre rejet, notre regard fuyant et notre indifférence, ils ont un défi à relever .. et nous avec ..

L’essentiel est de ne pas se focaliser sur le pronostic ni le diagnostic, si pessimistes soient-ils - je sais combien cela est difficile mais le temps passe vite et la mort nous frappe quand nous ne nous y attendons pas. Carpe diem .. le seul conseil, si je puis dire, car ce mot fait prétentieux et présomptueux, c’est que chaque instant compte. Pour mon frère, je me suis battue, j’ai remué ciel et terre pour lui apporter du bonheur, je lui disais souvent "je t’aime". Je me suis défoncée si j’ose dire pour qu’il soit bien, tout simplement.

L’important : c’est être présent, témoigner de son affection, de son amour au malade. Répondre à ses questions, quelles qu’elles soient. Essayez aussi de lui parler d’autre chose que la maladie : de ce qui l’intéresse, l’amuse, parler de tout et de rien, d’anecdotes personnelles ou autres .. Bref, tout en partageant son chemin, donner toujours au malade un peu d’espace de vie.

Restez dans le courant de vie .. usez et abusez de la chimio du coeur ..

Le cancer est un monde d’incertitude, de traumatismes violents .. au quotidien. Cette maladie nous oblige sans cesse à être sur un grand 8, ces montagnes russes, sans jamais avoir la moindre certitude du lendemain. Vivre dans un équilibre très précaire .. ... like a puppet on a string !
Sachez que tous les membres vous soutiennent dans ce dur combat. Nous restons à votre écoute.

Bien à vous

Giselle

Messages

  • oui,que des paroles,biensûr la médecine à progréssée,mais quand vous avez vôtre conjoint qui souffre et que perssonne ni peut rien et qu’elle s’ai qui lui reste que qelques jours et vous à côté d’elle vous attendez impuissant devant ;comme on dit la MORT !....
    Oui on ne peux pas en vouloir a la terre entièrre mais quand même si ils voulaient.
    A 48 ans ou plus jeune,comme ma femme qui en est à son 6 ièmes cancer que lui proposer ?..
    croire au miracle,ou au destint.
    Voilà je suis là à côté d’elle et j’attend,quoi ! je ne sais pas.....

    • "Tout le monde a le droit de s’exprimer avec son coeur, son vécu, sa douleur, son état d’âme et même de crier quand nous sommes sourds ou aveugles...

      Quand les traitements trop répétés deviennent si lourds à supporter, que la force manque même pour prendre la main tendue, quand le ras le bol dépasse tout raisonnement, quand l’angoisse a pris le peu de place qui restait dans le coeur, alors, malgré tout le plus grand optimisme du monde, le corps a le droit légitime de dire "STOP" à l’esprit. Et cela, nous devons le reconnaître avec respect, si nous ne pouvons pas le comprendre."

      C’est tout ce que j’ai à dire et je n’ai hélas que des mots.

      Giselle

  • je suis un nouveaum membre et cet article m’a donné du beaume au coeur car je suis complètement désemparée face au cancer du sein de ma maman âgée de 77 ans en septembre qui a un carcinome su sein infiltrant avec métastases ganglionnaires,c’est dur de vivre une telle situation mais votre article m’a donné un coup de force et je vous en remercie

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