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GENETIQUE ET CANCER

LA GENETIQUE, CLE DE CERTAINS CANCERS

Recherche menée par une équipe de scientifiques niçois

lundi 5 décembre 2011, par Giselle Penat

Article publié dans le journal régional NICE/VAR-MATIN

Chronique santé page 16

dimanche 4 décembre 2011

Article signé : Nancy CATTAN (ncattan@nicematin.fr)

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Pourquoi le sort semble-t-il s’acharner sur certaines familles qui voient plusieurs de leurs membres frappés par un cancer ?

Pourquoi certaines personnes semblent-elles particulièrement vulnérables en développant plusieurs tumeurs au cours de leur vie ?

C’est en partant de ces observations relayées par oncogénéticiens qu’une équipe de chercheurs niçois (Inserm U895) a mis le doigt sur des mutations génétiques qui pourraient permettre d’élucider ces "mystères".

"Nos recherches ont concerné une soixantaine de patients atteints par un mélanome (cancer de la peau) et/ou un cancer du rein, et pour lesquels on retrouvait plusieurs cas dans la famille. Ce qui pouvait paraître assez surprenant dans la mesure où les facteurs de risque pour ces 2 types de cancer sont bien différents : essentiellement les ultraviolets pour le mélanome, l’obésité et le tabac pour le cancer du rein ..." relate Robert Balloti, co-responsable de ces recherches avec Corine Bertolotto.

C’est donc sur la piste génétique que les scientifiques niçois se sont lancés. Mais certainement pas au hasard, comme l’explique Corine Bertolotto : "On savait qu’une protéine (MITF) jouait un rôle important dans le développement des mélanomes, et n’était pas étrangère non plus au cancer du rein. C’est au gène de cette protéine que nous nous sommes intéressés. Et nous avons retrouvé chez 8% des patients ayant développé à la fois un mélanome et un cancer du rein, la même mutation."

Quelques mots de conclusion pour cinq années de recherches assidues et de collaboration avec les meilleures équipes françaises. Tout ceci n’aura pas été vain. Les recherches de l’équipe niçoise sont publiées ce mois-ci dans la revue scientifique la plus prestigieuse au monde : NATURE (http://www.nature.com/)

"Nous avons réussi à devancer un consortium américano-australien, malgré un budget de recherche près de 10 fois inférieur", précise Robert Balloti.

A TERME, UN DEPISTAGE & DES MEDICAMENTS

Une avance dont la France peut se réjouir ; l’observation scientifique ouvre de nombreuses perspectives en termes d’applications cliniques.
"Un test de dépistage pourrait être développé afin de rechercher cette mutation chez les personnes atteintes de mélanome ou de cancer du rein. La mutation deviendrait alors un bio-marqueur de risque qui indiquerait la nécessité d’une surveillance au niveau du rein et de la peau, et sous-tendrait la possibilité d’une intervention précoce", relatent les chercheurs.

Au-delà du dépistage, c’est aussi l’arsenal thérapeutique qui pourrait s’enrichir d’une nouvelle arme.
"L’idée serait de développer des médicaments capables de corriger les effets délétères de la mutation du gène, comme la croissance et la migration des cellules".
Mais quelques années supplémentaires de recherche - et beaucoup d’argent - sont encore nécessaires pour que de tels projets voient le jour.

Nancy Cattan


http://www.unice.fr/c3m/ - Inserm U895

Magazine NATURE : http://www.nature.com/

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