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"JE SUIS UNE PERSONNE, PAS UN CANCER"

AUJOURD’HUI JE VIS ….

LA PLACE DES MALADES DU CANCER DANS NOTRE SOCIÉTÉ

dimanche 22 mai 2011, par Giselle Penat

L’accroche « je suis une personne, pas un cancer », nous invite à ne pas réduire les personnes atteintes du cancer à leur maladie mais à les considérer comme des personnes avant tout. En effet, les personnes malades voient bien souvent le comportement de l’entourage changer pour se focaliser uniquement sur cet aspect, ce qui n’aide pas. De plus, les avancées de la recherche et l’accélération du transfert des découvertes au bénéfice des malades ouvrent des perspectives prometteuses.
« Il existe donc un réel décalage entre la représentation persistante d’une maladie incurable et la réalité actuelle, inscrite dans une dynamique positive de progrès ».

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A L’ÉCOUTE DES MALADES

LE REGARD DES BIEN PORTANTS SUR LA MALADIE

TÉMOIGNAGE D’UNE MALADE

Nice-Matin dimanche 22 mai 2011 - Rubrique santé page 33

Article signé Nancy CATTAN (ncattan@nicematin.fr)

LA PLACE DES MALADES DU CANCER DANS NOTRE SOCIÉTÉ

“Je suis une personne, pas un cancer”

Alors qu’une campagne de sensibilisation nous invite à changer notre regard sur le cancer, Sonia raconte comment la maladie l’a reléguée socialement.

« Appelez-moi, dites-moi : « ça va ? » et ce n’est pas grave si je vous réponds « non », ou que je vous confie que j’ai mal. Tout ça, c’et moins dur qu’être confrontée à l’ignorance ou à l’indifférence ».

Aucune colère dans la voix de Sonia, pas de haine non plus, juste une très grande fatigue, et la volonté de dire les choses tant qu’il est encore temps. A 38 ans, la jeune femme, atteinte d’un cancer qui s’est disséminé dans l’organisme, se sait condamnée. Elle l’accepte, comme elle a fini par accepter il y a trois mois qu’elle ne pourrait plus marcher. Mais elle refuse de taire ses ressentis envers cette société si malhabile, si inconfortable, si peu empathique vis-à-vis de ceux qui se retrouvent un jour, du fait de la maladie, à la marge.

JE SUIS UNE PERSONNE, PAS UN CANCER

« Tant que j’étais encore debout, que je pouvais donner le change, être active, on avait tendance à considérer que je n’avais rien … Et puis lorsque mon état s’est aggravé, je n’ai plus été envisagée que par ma maladie et le vide s’est créé autour de moi. »
Les propos de Sonia font terriblement écho à la campagne lancée cette semaine par l’Institut National du Cancer ((InCa) et le Ministère chargé de la santé. Sous le slogan « je suis une personne, pas un cancer », elle invite les Français à changer leur regard sur le cancer.

Les représentations associées au cancer ont en effet des conséquences terribles sur la vie sociale des personnes touchées (malaise, voire prise de distance de l’entourage, difficultés de réinsertion professionnelle ..) qui viennent s’ajouter aux difficultés liées à la maladie elle-même.

« Tout ce que je demande, c’est que l’on ait une attitude normale envers moi. Que l’on accepte que je souffre, que je pleure parfois, que je souris aussi et que j’aime être jolie, bien coiffée, maquillée. Aujourd’hui, je vis. Et lorsque je sors, qu’il y a du soleil, je me sens mieux malgré mes douleurs », témoigne de façon bouleversante Sonia. « Il y a des moments dans la vie, où l’on a davantage besoin des autres, de leur présence régulière, poursuit la jeune femme.

Alors je demande juste à ceux qui m’aiment d’être plus présents, de façon plus régulière et qu’ils essaient de s’adapter à la situation, même si je conçois que cela puisse être difficile pour eux ».

Propos recueillis par Nancy CATTAN (ncattan@nicematin.fr)

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